Défense de thèse de doctorat de Mme Nadège BRASSINE
Département de criminologie
Infos
Approches centrées sur les forces des mineur·es en conflit avec la loi : Validation scientifique d’outils standardisés basés sur les facteurs de risque et les forces des jeunes en centres éducatifs de privation de liberté
Nadège Brassine s’intéresse à l’évaluation du risque de récidive établie par la réforme de l’Aide à la jeunesse en 2018 en Belgique francophone. Elle se concentre principalement sur la mise en œuvre de cette mission depuis 2020 au sein des Services d’EValuation et d’ORientation (SEVOR). Basée sur la volonté politique que la mission d’évaluation repose sur des pratiques probantes et innovantes, cette mission s’appuie dès lors sur deux outils standardisés : le Youth Level of Service/Case Management Inventory (YLS/CMI) et le Strengths/Structured Assessment for Youth (S/SAY).
Ainsi, les travaux doctoraux de Nadège Brassine se structurent autour de deux objectifs principaux :
1) Étudier les propriétés psychométriques du YLS/CMI et du S/SAY (consistance interne, accord inter-juges, validité divergente, validité prédictive et validité incrémentale)
2) Étudier les perceptions des professionnel·les qui travaillent en SEVOR quant à la mission d’évaluation et ce, sous le prisme de la validité sociale qui comprend trois composantes :
· L’acceptabilité des objectifs : que pensent les professionnel·les de mener une évaluation du risque de récidive pour orienter l’intervention auprès des jeunes (y compris d’y évaluer leurs forces) ?
· L’acceptabilité des procédures : que pensent les professionnel·les d’utiliser des outils standardisés pour réaliser la mission d’évaluation ?
· L’acceptabilité des effets : que pensent les professionnel·les des changements apportés dans la méthodologie d’évaluation, notamment sur leur pratique clinique ou leur perception des jeunes en conflit avec la loi ?
Loin de s’inscrire dans la perspective de la nouvelle pénologie où les résultats de l’évaluation détermineraient le jugement à rendre à l’égard des jeunes, la thèse de Nadège Brassine place la focale sur une vision de l’évaluation comme une photographie la plus fidèle et valide possible de la situation des jeunes afin de nourrir leur plan d’intervention, décrivant ces outils comme une aide méthodologique au service des jeunes et des professionnel·les pour promouvoir le désistement. Elle accorde aussi une attention particulière au développement de la criminologie positive et des approches centrées sur les forces (par exemple, le potentiel de la différence conceptuelle entre une force et un facteur de protection, le rôle majeur joué par les forces dans l’évaluation et l’accompagnement des jeunes (notamment comme cibles d’intervention), etc.).
Plus globalement, elle questionne le rôle central qu’occupe la récidive au sein du monde judiciaire mais aussi de la recherche. En ce sens, en parallèle de réflexions théoriques et sémantiques sur la récidive, elle propose de se concentrer sur d’autres variables de changement plus proximales chez les mineur·es en conflit avec la loi admis·es en centres éducatifs de privation de liberté, comme l’alliance thérapeutique, la motivation à la prise en charge et le climat social qui prévaut dans les unités de ces établissements. Dans sa thèse, Nadège Brassine analyse ces variables au travers des perceptions des jeunes eux·elles-mêmes. En complément, une de ses préoccupations supplémentaires porte sur la question du genre dans l’accompagnement des jeunes filles en conflit avec la loi (tant au niveau de l’évaluation que de l’intervention).
Jury de thèse :
Président du jury :
- Prof. Vincent Seron, département de criminologie, Université de Liège
Secrétaire du jury :
- Prof. Cécile Mathys, département de criminologie, Université de Liège, co-promotrice de thèse
Membres du jury :
- Prof. Geneviève Parent, département de psychoéducation et de psychologie, UQO, co-promotrice de thèse
- Dr. Sarah Van Praet, Docteure en criminologie, Chercheuse à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC), Maîtresse de conférence à l’ULB, Laitre-assistante à la HELHa
- Prof. Julie Carpentier, département de psychoéducation et de travail social, Université du Québec à Trois-Rivières
La défense de thèse sera suivie d'un drink.
Contact : nadege.brassine@uliege.be
